Oxalis permet à chacun.e de tracer sa propre trajectoire, et elles sont toutes très singulières.
Aujourd'hui, on met à l'honneur Samuel Champouillon, entré en CAPE 25 octobre 2005. Un bel exemple de développement d'activité dans Oxalis !
Je l'ai interviewé sur son parcours dans la coopérative.
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Peux-tu me décrire ton entrée dans Oxalis ? quel a été ton parcours ? pourquoi as-tu fait le choix d’Oxalis ?
Après mes études d’ingénieur, j’ai travaillé dans le milieu industriel quelques années. J’ai ensuite repris une formation dans les énergies renouvelables et j’avais un stage à faire. Je connaissais Oxalis par le mouvement rural des jeunesse chrétiennes (MRJC). Oxalis faisait office de modèles dans ce type de mouvements d’éducation populaire. J’ai croisé Jean-Luc Chautagnat lors d’une rencontre. Et c’est ainsi que je suis entré en tant que stagiaire dans Oxalis.
A l’époque, il y avait besoin de nouveaux locaux pour la structure Oxalis et des besoins pour l’association d’écoconstruction (Oxalis s’est séparé en deux unités : une SCOP et une partie associative). A la fin de ma formation, j’ai bossé en mi-temps dans l’association, et j’ai créé en parallèle mon activité dans Oxalis.
Ce double emploi a duré 2 ans environ. Le projet d’association s’est consolidé et il fallait un plein temps. Mon activité a grandi aussi et j’avais un projet avec des copains du MRJC que l’on a monté en Auvergne.
Alors 20 ans, un long fleuve tranquille ou chemin semé d’embuche ?
Un chemin très progressif. Les deux ou trois premières années, je n’étais qu’à mi-temps. Comme beaucoup de personnes dans la coopérative, je ne suis pas très bon commercial ! J’ai mis longtemps à sortir un SMIC à plein temps. On a déménagé en Auvergne en début 2008. J’ai fait 18 mois en CAPE. J’étais le premier thermicien.
Petit à petit, cela s’est étoffé, c’était les débuts de la salle de bain (un groupe de coopération économique) :
- en 2010 , le début des pratiques de coopération
- Au bout de 14 ans, un vrai début de collectif
- En 2019, Qui plus est naît.
Je faisais partie de ceux qui coopérait le plus au démarrage, très certainement du fait de l’ancienneté. J’ai pu observer que les nouvelles arrivées dans le groupe, qui souvent ce faisait par vagues, redonnait du souffle et des nouvelles envies au collectif. « Qui plus est », en tant que marque, c’est structuré à l’issue d’une de ces vagues.
Un long fleuve tranquille, avec la dynamique qui pousse.
La seule tempête que j’ai essuyée est liée à un très gros projet que j’ai mené (bâtiment 6000m2, techniquement complexe, un client qui changeait d’avis, équipe de 6 personnes, dont 4 sont parties au cours du projet, surcharge de travail, covid par-dessus).
J’ai été deux fois administrateur dans mon parcours, de 2008 à 2011 et de 2015 à 2018. Cela a été pour moi deux expériences différentes : lors du premier mandat, je venais de déménager en Auvergne. Cela me permettait de garder un lien avec la structure. C’était une expérience assez « cool » (le fonctionnement était porté par quelques personnes qui avaient une vision et des idées, et suivi par les autres) et très nourrissante. Le second mandat était dans un contexte beaucoup plus tendu, puisqu’il y avait eu un désaccord profond avec la direction. Le fonctionnement était différent, avec davantage de partages, avec des débats, peut-être plus équilibré dans la réflexion.
Deux ou trois temps forts qui t’ont marqué durant ton parcours ?
J’ai vécu un moment fort au démarrage de mon activité. A l’époque, je considérais les personnes qui arrivaient à créer des entreprises comme des dieux. Entrer chez oxalis m’a fait désacraliser cette image. Et puis grâce à un dirigeant de SCOP qui faisait la même activité que moi, j’ai compris que la coopération est ultra rassurante dans la phase du démarrage d’activité. Il m’a conseillé dans mon démarrage d’activité et m’a proposé de l’aide qui ont a été précieuse à mes yeux.
Tout ce que l’on vit au niveau de « Qui plus est » est vraiment génial, mais je crois qu’on ne se rend pas compte lorsque l’on est dedans. Mutualiser des outils, se donner du boulot, notre cagnotte solidaire, ce n’est pas rien. C’est vraiment le collectif auquel je me sens appartenir, plus qu’à Oxalis même.
L’autre moment que j’aime beaucoup, ce sont les moments off autour de l’assemblée générale, on revient booster ! J’adore particulièrement faire l’antre-nuit [petit journal humoristique !].
Je n’ai pas de groupe local, enfin, je considère que c’est « Qui plus est ». J’ai peu de liens direct avec Oxalis, alors, pour le trouver, je vais à l’AG.
Un truc que l’on fait dans Oxalis et que tu n’avais jamais vu avant ?
Ce qui me rattache fortement à Oxalis, c’est de sentir que c’est notre outil commun et qu’on en a la maitrise. C’est une des caractéristiques pour décrire ce qu’est Oxalsi : un outil de travail que l’on façonne comme on veut.
« Qui plus est » est un autre outil dont on a besoin. J’ai des bureaux partagés, on a retapé un étage que l’on gère comme on a envie et pour sécuriser notre activité.
C’est quoi ton carburant ?
La dynamique collective. Mes convictions environnementales que l’on arrive à faire passer.
Un message à faire passer au reste de la coopérative ?
Les projets collectifs sont supers, mais ils demandent une grande confiance, une grande tolérance . Ils demandent aussi d’accepter que les décisions prises ne soient pas forcément celles que l’on souhaite, d’accepter également que les choses que l’on fait ne soient pas parfaites. On s’épuise parfois pour des petits riens. On gagnerait à lâcher un peu, à faire des choses beaucoup plus simples.
Une dernière chose. J’ai une annonce à faire passer : journal annuel de la nuit recherche rédacteur en chef. A bon entendeur !

