Après 3 années d’expérimentation, l’assemblée générale devra se prononcer sur l’adoption d’un mécanisme de gestion des provisions fiscalisées. Ce mécanisme est proposé par le groupe de travail mis en place après l’AG 2024 (composé de membres de l’équipe et du CA) et a été validé par le Conseil d’administration en vue de sa soumission à la prochaine AG. Il cherche à répondre aux intentions suivantes :

  • Être cohérent avec la raison d’être : La coopérative continue à soutenir le développement et la sécurisation des activités en proposant cette modalité.
  • Être prévisible : Les entrepreneur.es connaissent les règles en avance et peuvent prendre leur décision en conscience, sans impacter le budget mutualisé.
  • Être juste : Les décisions individuelles sont assumées par celles et ceux qui les prennent (impact minimisé sur la participation/ l’intéressement / les réserves de la coopérative). Les situations spécifiques (Cape et passages CESA) sont prises en compte.

Rappel – provision fiscalisée, kesako ?

La loi sur les CESA autorise un report de salaire à consommer dans les 6 premiers mois de l’exercice suivant. Ce report est destiné uniquement aux salaires des CESA.

La provision fiscalisée permet de reporter davantage que les 6 premiers mois de salaires sur l’année suivante, sans contrainte de temps quant à sa transformation en salaire. Par ailleurs, ces provisions peuvent être utilisées pour tous types de salaires sur une activité (pas seulement les CESA, mais aussi les apprentis, salariés renfort).
Le mécanisme de provision fiscalisée, donne ainsi la possibilité à l’entrepreneur·e de développer des stratégies à moyen terme ou de sécuriser son parcours pour des périodes de transition.
Ce report est soumis à impôt (d’où son nom de « provision fiscalisée »). C’est la variation du report cumulé d’une année sur l’autre qui est imposable, comme le seraient les bénéfices réalisés par une entreprise. En 2023, Oxalis a fait le choix de mutualiser l’impôt plutôt que de le répercuter sur les activités, favorisant ainsi la constitution de réserves des activités. Cette décision a été reconduite en 2024. C’est un avantage pour les activités concernées car elles seraient sans cela, imposées à hauteur de 25% de la provision réalisée.

Rappel – un peu d’histoire sur la provision fiscalisée au sein d’Oxalis

Pendant longtemps, Oxalis a fermé les yeux sur les reports dépassant les 6 mois de salaires. Cependant, cette tolérance s’accompagnait d’un risque fiscal et social. La coopérative a ainsi remis ce risque en visibilité et incité les entrepreneur.es à consommer l’ensemble de leur report dans les 6 premiers mois de l’année, ou à assumer les risques liés au dépassement.
Pour les personnes concernées par des reports importants, la coopérative a recherché une solution et c’est là qu’ont été mises en place les provisions fiscalisées. Les entrepreneur·es ayant choisi cette option se sont donc acquittés d’un impôt sur les sociétés, représentant 25% du report.
En parallèle, le CA a décidé d’exonérer les nouveaux CESA de cette imposition : en effet, lors du passage en CESA, les personnes peuvent avoir constitué un important report en salaire. Si ce passage se fait en fin d’année, il est compliqué de consommer ce report dans les 6 mois. Aussi le CA a fait le choix de favoriser les démarrages d’activités des nouveaux CESA en mobilisant le déficit fiscal de la coopérative pour couvrir les reports des nouveaux CESA, au cas où ceux-ci auraient à être fiscalisés.

En 2023, cette règle a été étendue à l’ensemble des CESA, notre déficit fiscal étant encore largement sous-utilisé. Or le montant des reports fiscalisés a été si important qu’il a consommé tout le déficit fiscal précédemment constitué. Oxalis a ainsi payé un impôt sur les sociétés de 110k€, intégralement pris en charge par la coopérative (et non répercuté sur les activités concernées).
Entre les incertitudes sur l’impôt éventuel à payer, le travail en cours sur les activités à forte marge et la volonté de créer un espace de débat et de conscientisation au sein de la coopérative, le conseil d’administration a choisi de rester en 2024 sur le même modèle qu’en 2023 (ouverture d'un article cominterne). Un ajustement des montants provisionnés (et donc des salaires des personnes concernées) a permis en 2024 de limiter l’impôt mutualisé restant à charge de la coopérative et ainsi de maximiser la mise en réserves et la participation versée aux salariés.

PF historique

Quel mécanisme pour les années à venir ?

Les modalités des années 2023 et 2024 génèrent cependant trop d’incertitudes sur le budget de la coopérative, ses fonds propres, et les mécanismes de participation et d’intéressement. C’est pourquoi le groupe de travail a recherché un mécanisme limitant cet impact.
Après l’exploration de plusieurs pistes, le groupe de travail a sélectionné celle qui lui semblait le plus correspondre aux intentions fixées (cohérence, prévisibilité, justesse). Ce mécanisme a été présenté en avril à la coopérative en général, et plus particulièrement aux activités concernées. Une quinzaine d’entrepreneur.es était présent.es pour un riche temps d’échange, qui s’est conclu par un accord global avec la proposition du GT : ‘le mode de calcul n’est pas intuitif, mais c’est la formule la plus juste’.

Le mécanisme proposé vise à répartir l’impôt généré par une variation à la hausse de la provision fiscalisée entre les activités concernées (hors cape et passages CESA), afin d’affecter le moins possible les comptes de la coopérative.

Texte de la résolution

L'impôt sur les sociétés (IS) lié à une variation positive de la provision fiscalisée globale de la coopérative, comptabilisée en année N, sera imputé en année N+1 sur les activités ayant fait de la provision fiscalisée en année N. Le montant de l'impôt imputé sera proportionnel à la part de la provision fiscalisée de l’activité dans la somme des provisions fiscalisées réalisées par les activités en CESA depuis plus d’un an.

Les activités collectives dont au moins un-e entrepreneur-e est en CESA depuis plus d’un an en fin d’année N, et quel que soit le nombre de CAPE dans l’activité, participent à la prise en charge de l’IS.

Les activités individuelles dont l’entrepreneur.e est passé-e de CAPE à CESA dans l’année N ne participent pas à la prise en charge de l'IS.

Cette décision s’appliquera à compter des résultats 2025, pour une répartition sur les activités en 2026, et pour les années suivantes.

Mieux comprendre le mécanisme proposé et ses impacts : la FAQ

Vous trouverez ci-après une Foire Aux Questions (FAQ) sur le sujet. Elle a été rédigée  à partir des questions posées lors des différents temps d’échange (AG 2024, visio avec les entrepreneur.es concerné.es, CA,…) et sera mise à jour au fur et à mesure avec vos questions (que vous pouvez laisser en commentaire sous cet article)

Sommaire

  1. Questions générales
  2. Historique
  3. Gestion de ma provision fiscalisée en tant qu’entrepreneur·e
  4. Mieux comprendre la fiscalité chez Oxalis

Questions générales

1. C’est quoi la provision fiscalisée (PF) ?

Il s’agit du résultat reporté dépassant la provision pour report de part variable qui doit être passée en salaire dans les 6 mois, autorisée par la loi 2014-856 du 31 juillet 2014, dite loi Hamon, ainsi que ses décrets d’application. Ce résultat excédentaire, appelé provision fiscalisée est soumis à l’impôt sur les sociétés. Le taux de cet impôt est actuellement de 25%.

Historique

Gestion de ma provision fiscalisée en tant qu’entrepreneur·e

Mieux comprendre la fiscalité chez Oxalis

La proposition pour l’année 2025 et la suite