Si vous étiez présent·e aux journées coopératives de juin, vous avez sans doute participé, ou observé un débat mouvant dont le sujet était l’obligation ou non de formation sur les questions de sexisme pour tou·tes les membres d’Oxalis. Suite à des temps d’échange avec plusieurs collègues et avec la direction, nous constatons que certaines personnes ont été impactées, touchées, par ce débat. En tant qu’animateurs, nous tenons à préciser que ce n’était pas notre intention, et partager quelques précisions sur notre intention.
Sur la forme
Le débat mouvant peut apparaître comme un dispositif qui crée du “clivage” entre les personnes selon les positions choisies. Nous n’avions aucune volonté “d’épingler” ou d’exposer des personnes parce que leur point de vue serait différent ou à contre courant d’un point de vue qui serait “le bon”. Nous n’avons pas pris soin de rappeler que toutes les paroles sont recevables - tant qu’elles ne sont pas discriminatoires, et que la question posée n’a pas de “bonne réponse”. Dans le dispositif du débat mouvant et dans notre coopérative, les points de vues contradictoires sont les bienvenus, justement parce qu’ils permettent à chacun·e de se faire un avis sur le sujet.
De plus, il ne s’agissait pas ici de proposer un “vote de tendance” sur le sujet de l’obligation de participer à la formation Agir contre le sexisme. La coopérative est dotée aujourd’hui d’un Plan Egalité, négocié et signé en 2025 pour une durée de 4 ans, avec une action centrée sur cette formation (obligatoire pour les membres des instances et de l’équipe, et simplement proposée aux autres coopérateurices).
Nous n’avions pas d’intention de remettre en question ce plan et cette action, mais bien de donner du “grain à moudre” et débattre d’un sujet (l’obligation de formation, et plus largement les obligations) qui revient régulièrement dans notre coopérative.
Sur le fond
Par rapport au thème du débat mouvant, un certain nombre de personnes se sont senties placées dans une forme de biais de positionnement : être “contre le caractère obligatoire de la formation” pouvait être assimilé à être “pour le sexisme”. Il nous semble important de préciser que ce n’était pas notre intention de relier ces deux positions, et de réaffirmer que le sexisme n’est jamais acceptable.
Nous comprenons que certaines personnes puissent avoir été en colère à l’écoute d’arguments d’un côté ou de l’autre : ce n’était pas l’objectif de mettre des gens en colère.
Nous souhaitons aussi repartager quelques arguments qui - il nous semble - permettent de faire avancer le débat et bouger les points de vue :
Plutôt d’accord :
- La lutte contre le sexisme est déjà au travail dans la coopérative depuis plusieurs années, pour que la “norme culturelle” interne à Oxalis évolue vraiment, la formation de sensibilisation au sexisme ne peut pas reposer uniquement sur du volontariat, elle doit être suivie par le plus grand nombre et pourrait-être même intégrée au processus d’accueil.
- Je n’ai pas choisi d’être une femme ou de subir le patriarcat, dans mon parcours de vie les violences sexistes et sexuelles m’ont été imposées comme à une immense majorité de femmes, en comparaison rendre “obligatoire” une formation d’une journée paraît tout à fait acceptable.
Plutôt pas d’accord :
- Rendre obligatoire une journée de formation sur le sexisme pourquoi pas, mais pourquoi seulement sur le sexisme ? Pourquoi ne pas en faire une autre sur l’homophobie ? Et une sur le racisme ? Doit-on le faire sur toutes les autres discriminations ? Comment choisir ou hiérarchiser les discriminations entre elles ?
- Soyons réalistes, l’obligation ça ne marche pas à Oxalis, les quelques règles déjà posées (obligation de suivre le séminaire d’accueil par exemple) sont loin d’être appliquées à 100 % et Oxalis ne s’est pas construit sur l’obligation mais sur l’envie de participer de contribuer, d’avancer ensemble.
- Fondamentalement, former quelqu’un contre son gré, ça ne fonctionne pas pédagogiquement, si on fait participer les gens par la contrainte, de toute façon ils ne seront pas disposés à apprendre, à bouger dans leur posture, ce sera contre-productif…
Et ensuite ?
Pour finir, nous rappelons que la coopérative se mobilise sur le sujet de l’égalité, et chacun·e est invité·e à participer en rejoignant le cercle Egalité et en travaillant sur les actions de ce plan.


