Suite à plusieurs sollicitations et à un débat organisé lors du forum ouvert de l’Assemblée Générale 2024, la question de la contribution des activités à fortes marges est à l’étude. Ces activités représentent près de 45 % de la contribution coopérative, alors qu’elles ne représentent que 15% des activités et 23% des personnes accueillies. Une enquête réalisée dans le courant de l’été 2024 identifie des besoins qui peuvent être différents selon la nature des activités : individuelles, employeuses, ou collectives. Consulter les résultats de l’enquête
Elaboration des pistes de réflexion
Un groupe de travail (GT) s’est constitué pour réfléchir au moyen de permettre le maintien des activités qui se développent dans la coopérative sans compromettre son modèle économique. L'objectif est d'étudier les potentielles évolutions de notre modèle de contribution pour répondre à cet enjeu, en vue de les soumettre au vote de l'AG en juin 2025. Plusieurs pistes de réflexion ont émergé lors des échanges et seront partagées et discutées lors des groupes locaux des prochaines semaines (retrouver les dates des groupes locaux sur ce sujet). Afin de vous donner matière à réfléchir en attendant les groupes locaux, voici les premières pistes identifiées.
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Alléger la charge notamment pour les activités individuelles à forte marge
Les résultats de l'enquête montrent que ce sont principalement les activités individuelles à fortes marges qui subissent la pression d'une forte contribution. En plus de la pression, cela génère un sentiment d'injustice, de décorrélation entre les services de la coopérative, passé un certain seuil de marge, et la contribution versée.
A la lecture de l'enquête, le besoin exprimé ne porte pas sur la mise en place d’un plafond fixe. Le besoin porte plutôt sur le fait qu'à partir d'un certain seuil, augmenter son revenu d'1€ puisse demander moins d'efforts (en d'autres termes: "j'ai contribué pour le travail que la coopérative fait pour moi, j'ai contribué pour le travail que la coopérative fait pour les autres (solidarité), à partir de x€ de contribution, le travail supplémentaire que je fournis me rémunère en priorité")
→ Le GT privilégie donc la piste d'un aplatissement de la courbe de contribution plutôt qu'un plafond fixe (cela ne modifierait pas les contributions du bas de la courbe mais uniquement les contributions à partir d'un certain seuil)


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Alléger la charge pour les activités employeuses et les collectifs qui grandissent
Les activités collectives et individuelles ont témoigné que le modèle actuel pouvait être un frein au développement d'activité : recruter quelqu'un ou accueillir un nouvel entrpereneur dans une activité demande à avoir de quoi lui payer son salaire + la contribution qui va avec, alors même que c'est le moment où il faut fournir du temps d'intégration, de formation, de formalisation du collectif.
→ Le GT privilégie donc la piste d'une exonération de contrib pour les 6 premiers mois de salaire brut lors d'une entrée dans une activité (CESA/ CAPE/ Salarié de plus de 11 mois = ceux pour lesquels il y a une acculturation à la coop , ce qu’on a souhaité encourager avec l’acceptation des activités employeuses). Cela permettrait de reconnaitre l’investissement et la formation, d'atténuer le risque pris, et de faciliter l’accueil de nouvelles personnes.
En ce qui concerne les apprentis et les stagiaires, le GT privilégierait une exonération de contribution sur les salaires bruts ou indemnités versées. En effet, ce sont des contrats qui nécessitent plus d'investissement et de formation et cette exonération viendrait encourager les coopérateurices à accueillir et former des jeunes, contribuant ainsi à renforcer notre impact social.
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Mieux accompagner les activités qui se développent
Si l'enquête réalisée l'été dernier a montré que les personnes interrogées restaient car elles étaient bien accompagnées, elle a aussi fait émerger des besoins d'accompagnement plus spécifiques aux activités à fortes marges. Ils sont de deux types: de la facilitation administrative et des accompagnements spécifiques. Certaines activités interrogées ont ainsi identifié des besoins de renfort administratif et commercial, leur permettant de davantage se concentrer sur leur activité.
→ Le GT est favorable au développement d'accompagnements spécifiques pour les activités qui se développent, en particulier l'accompagnement des dynamiques collectives, l'accompagnement financier, l'accompagnement stratégique, des outils plus ergonomiques, un cadre d'autonomie adapté. Estimant que le rôle de la coopérative est d'accompagner les entrepreneurs, le GT s'interroge sur la prise en charge par la coopérative de fonctions régaliennes indispensables au fonctionnement de ces activités (ex: assistance commerciale ou administrative). Est-ce que le rôle de la cooérative ne serait pas de faire réfléchir, mettre en relation, créer de la coopération autour du besoin en interne, plutôt que de le porter?
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Simplifier et préserver l’équité entre activités individuelles et collectives
Ce n'est pas pareil d'être seul dans une activité individuelle et de contribuer à hauteur de 27.000€, que d'être à 3 dans uen activité collective et de contribuer à hauteur de 27.000€. Les collectifs nécessitent à la fois un accompagnement du collectif en plus de l'accompagnement des personnes qui le composent. En cas de difficulté rencontrée dans le collectif, les situations rencontrées peuvent être complexes et nécessiter de mobiliser un temps important de l'équipe ou d'intervenant.es extérieur.es. Le diagnostic des risques psycho-sociaux a ainsi montré un risque accru au sein des collectifs. A l'inverse, le collectif permet d'augmenter les revenus de ses membres et en renforce ainsi la résilience (Cf.les résultats d'une enquête menée par Vivre le travail autrmenet auprès de coopérateurices en CAE en 2022). Et de la meme manière, ils sont l'un des moteur économique de la coopérative: avec près de 50% du Chiffre d'affaires de la coopérative pour 38% des personnes en 2023.
→ Le GT trouve logique de rendre la contribution payée par chaque activité proportionnelle au nombre de personne qui la compose. Néanmoins, ce principe de simplicité et d'équité rentre en tension avec l'objectif de développer et de soutenir les coopérations. Le GT trouve aussi juste que la mécanique de contribution avantage les activités collectives, malgré le travail occasionné. Et vous, qu'en pensez-vous?
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Favoriser les coopérations internes
Comment faire pour que travailler avec des coopérateurices en interne de la coopérative sit plus avantageux que de faire travailler des externes? Qu'embaucher des personnes et ainsi leur offrir la sécurité de l'emploi soit plus attractif que de faire travailler des auto-entrepreneur.es? Que soit rémunéré le travail de la coopérative quand nous permettons à des indépendants d'être sous-traitants de gros marchés dont nous assumons les risques? Pas facile d'intégrer cette réflexion à notre mécanique de contribution: faut-il avantager le donneur d'ordre ou le prestataire interne (sachant que la plupart du temps les tarifs internes sont déjà plus bas qu'en externe)?
→ Le GT aimerait vous poser la question : que pensez-vous d'agir sur la sous-traitance externe (% de surcote à ajouter dans la marge soumise à contribution), plutôt que de modifier nos mécaniques internes de contribution?
Comme vous pouvez le constater, on ne s'est pas ennuyés dans ce GT, mais on a besoin de vous pour vérifier qu'on part dans la bonne direction avant de concrétiser ces orientations en propositions concrètes pour l'tAG. Alors Rendez-vous en groupe local, en visio ou sur place, dans les prochaines semaines!


