Les 21, 22 et 23 mars 2022, nous sommes 10 oxalien·nes à nous être réuni·es à Rennes pour une formation d’accueil et d’initiation au syndicalisme, où nous avons notamment réfléchi aux avantages et les inconvénients de créer un syndicat dans le cadre de notre CAE.
Comment ça a commencé ?
Même si l’idée de se syndiquer avait pu chatouiller certain·es d’entre nous auparavant, cette formation a été une conséquence de l’arrivée de Gaël Tanguy dans notre coopérative.
Gaël est un des entrepreneurs d’Oxalis. Il est entré en CAPE en janvier 2021 et est passé en CESA ce mois d’avril 2022. Au sein d’Oxalis, Gaël développe PEPS, (pour “Plateforme Education Populaire et Syndicalisme”), une activité de formation en direction du monde syndical. On vous met quelques éléments de plus sur Gaël à la fin de l’article.
“Depuis mon arrivée, et tout au long de mon processus d’intégration, j’ai eu l’occasion d’évoquer le syndicalisme dans les groupes que j’ai rencontrés et il y a toujours des réactions : surprise, intérêt, incompréhension, inquiétude… En tout cas, j’ai senti de l’appétit pour creuser la question.”
Dans le groupe qui a vécu le stage d’accueil syndical, nous sommes toutes et tous des travailleurs et travailleurses Oxalien·nes qui avons croisé Gaël en 2021 et qui lui avons manifesté notre envie de réfléchir à cette question ensemble. Certain·es d'entre nous sont membres des instances d'Oxalis, mais ce n'est pas à ce titre qu'illes ont souhaiter creuser la question en formation.
Les participant·es :
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Matthieu Hubert (EN) |
Séverine Imbert (Salariée structure et CSE) |
Nicolas Loubet (EN et CSE) |
Cécilia Monneau (Salariée structure) |
Thomas Maignan (EN et CA stagiaire) |
Thomas Michel (EN et CA) |
Margot Nadot (EN et CA) |
Gaël Tanguy (EN) |
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Gaël s’est chargé d’organiser la formation. Il s’est appuyé sur les éléments de base qui sont transmis par la CGT à ses membres pour les formations d’introduction au droit du travail et au syndicalisme. Nous avons aussi anticipé et proposé quelques questions et débats à aborder les jours J.
Qu’avons nous étudié ?
Le programme que nous avons suivi pendant ces 4 demi-journées :
- Le syndicalisme qu’est-ce que c’est ? Quelle est son histoire ?
- Code du travail, conventions collectives… Qu’est-ce que la hiérarchie des normes ?
- Formations, accompagnement : quelles sont les ressources offertes par un syndicat comme la CGT ?
- Syndicat, CSE, représentativité nationale : comment ça fonctionne ?
- Petit point sur le capitalisme, ainsi que sur ses impact sur l’ESS
- Exercice en groupe de documentation sur le droit du travail
- Echange avec Xavier Burot, l’actuel délégué CGT à la branche professionnelle des sociétés d’étude (celle à laquelle pourraient être rattachés des syndicats créés au sein de CAE)
- Tour d’horizon des avantages et inconvénients des syndicats existants (en se limitant à ceux qui avaient la faveur des participant·es : CNT, Sud/Solidaires, CGT, FO).
- Discussion sur le rôle d’un syndicat dans une CAE
Avantages et inconvénients
Nous nous sommes aussi réservé une séquence pour commencer à réfléchir ensemble aux apports et aux risques liés à la création d’un syndicat (ou d’une intersyndicale) à Oxalis.
Voici le fruit de nos cogitations… Evidemment, ça ne représente que nos visions après avoir commencé à creuser le sujet en formation !
Un premier groupe a travaillé du point de vue de la structure Oxalis
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Les avantages identifiés concernent d’abord la construction et la consolidation collective de ressources nouvelles, complémentaires et expertes sur les sujets liés au droit du travail. La clarification du rôle et du cadre d’intervention du CSE a été évoquée, ainsi qu’une progression de la qualité des propositions en matière de conditions de travail. Nous avons également pensé qu’il pourrait y avoir des apports intéressant dans la gestion de conflits potentiels L’action d’un syndicat nous semblerait de nature à renforcer de la formation des salarié.es pour aborder les différents chantiers de la coopérative. La qualité des propositions serait ainsi améliorée. Ces différents apports permettraient, enfin, à Oxalis de rester pionnière dans la transformation sociale en musclant sa réflexion grâce à un accompagnement d’experts en matière de droit du travail. |
Les risques concernent d’éventuelles postures d’obstruction ou d’affrontement résultant d’un effet de contre-pouvoir lié à l’action syndicale. Des remises en cause de décisions pourraient ainsi freiner, voire bloquer certaines dynamiques de la coopérative. En bref, il a été souligné les risques de faire entrer un acteur classique dans une organisation hybride/atypique : perte de souplesse, posture de confrontation, de rapports de force et tension classiques patronnat/salariat…
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Le second groupe a envisagé les atouts/contraintes du point de vue individuel
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Les avantages mis en avant dans le second groupe concernaient l’apport potentiel d’information et de culture sur les droits des travailleur·euses, permettant ainsi une montée en compétence de ces dernier·es, avec notamment une meilleure utilisation de leurs droits, et de la protection, créés par le statut de salairé.e inclus dans le CESA. Il a été souligné une cohérence avec les valeurs sociales et politiques d’Oxalis, avec une nouvelle manière d’explorer et de vivre la triple qualité du CESA (Entrepreneureuse, Salarié·e, Associé·e) et la transformation sociétale qui y est liée. Un bénéfice financier individuel a aussi été pointé, qui résulterait d’une optimisation, par une meilleure connaissance, de notre accès aux droits (frais réels, affaires sociales, etc.) |
Les risques évoqués sont liés à une charge de travail supplémentaire liée à la fonction syndicale pour les personnes concernés, au poids financier de la cotisation syndicale, et enfin à une possible schyzophrénie en ajoutant une dimension supplémentaire à certain·es coopérateurices (Entrepreneur·e Salarié·e Associé·e… et Syndiqué·e !)
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Globalement, à la fin du stage, il nous semble (à nous travailleureuses participant·es) que la création d’un syndicat à Oxalis permettrait d’aider à faire connaître leurs droits aux coopérateurices pour qu’ils puissent les exercer, et participerait à l’amélioration constante de nos conditions de travail, de manière collective.
Autres discussions
Nous avons pu aussi échanger sur des sujets Oxaliens qui occupent déjà le CSE.
Par exemple, pendant l’exercice de documentation, nous nous sommes ainsi penchés sur 3 sujets en lien avec les problématiques actuelles d’Oxalis : le forfait jour comme mode d’organisation du temps de travail, la retraite progressive, ainsi que les affaires sociales et culturelles.
À propos des activités employeuses (cf. compte rendu du CA de février), nous avons pu nous mettre au niveau de connaissance actuel du CSE et commencer à cerner les enjeux de ce chantier pour la coopérative. Les discussions qui ont pu émerger entre nous sur le sujet étaient typiques de celles qui ont lieu entre oxalien·nes.
A propos des risques du surtravail et de l’auto-exploitation, Gaël nous a présenté un outil de sensibilisation pratique pour diagnostiquer et prendre conscience à l’échelle individuelle de sa charge de travail.
Mon intuition, c’est que certain·es ont bien plus la casquette entrepreneureuse que la casquette salarié·e, ça mène régulièrement à l’auto-exploitation (…) c’est pas le rêve ! Paradoxalement, l’auto-exploitation semble bien présente en CAE !"
Gaël Tanguy
Évidemment, la question d’un surtravail entraîné pour chacun·e d’entre nous par la création éventuelle d’un nouvel espace (syndical) dans Oxalis a été abordée ! 😉
Restitution et prolongement de la réflexion avec vous
A la fin du stage, un tour de table a permis de discuter des suites à donner, qui sont encore en réflexion :
- D’abord, partager nos réflexions avec vous autres, oxalien·nes, par exemple à l’occasion de l’assemblée des salarié·es du 10 juin.
- Pour celles et ceux d’entre nous qui le souhaitent, se syndiquer chacun·e de notre côté, auprès de l’organisation de notre choix.
- Eventuellement créer une ou plusieurs sections syndicales au sein d’Oxalis, si ça se révèle pertinent.
- Laisser reposer cette réflexion, voire comment la pâte lève… si elle lève !
- Comme évoqué par Alice Pénet, notre directrice générale, nous pourrions appréhender la question syndicale en recherche-action, par exemple en lien avec Manucoop qui commence à travailler sur le sujet de son côté.
Et vous ?
Que pensez-vous de tout ça ? Quelles questions et étonnements tout ça sucite ?
N’hésitez pas à laisser des commentaires en bas de cet article pour commencer la discussion !
🎁 Pour rigoler un coup et vous instruire, vous pouvez toujours aller regarder la conférence Gesticulée Travailler moins pour gagner plus, vous y verrez Gaël avec 10 ans de moins vous raconter le potentiel d’action collective que recèle de « droit du travail » avec son comparse Franck Lepage.




Eleonora Banovich (EN)
Matthieu Hubert (EN)
Séverine Imbert (Salariée structure et CSE)
Nicolas Loubet (EN et CSE)
Cécilia Monneau (Salariée structure)
Thomas Maignan (EN et CA stagiaire)
Thomas Michel (EN et CA)
Margot Nadot (EN et CA)
Gaël Tanguy (EN)
François Wattellier (EN et CSE)
