Comme annoncé lors des journées coop, Matthieu Thierry, réviseur et expert-comptable chez Finacoop (notre réviseur coopératif) nous a partagé mardi 5 juillet son regard sur notre modèle économique.
Les points clefs de son intervention
Nos forces
• Une trésorerie importante voir très importante - Taux de couverture des provisions pour salaire = 156% (ce ratio doit se situer au-delà de 80%)
• Autonomie financière très forte : Endettement virtuellement nul (c’est-à dire uniquement envers ses associés) > bonne capacité à mobiliser des financements
• Très faible dépendance aux subventions
• Vocation = rompre l’isolement des indépendants / offrir une protection sociale de salarié aux indépendants
• Vivier de compétences énorme en interne
• Résilience face aux crises (ex : activité partielle pendant le covid)
• Activités à fort potentiel économique (CA moyen = 44K€/an chez oxalis vs. 23K€ dans les CAE en général)
o Regarder la marge brute ? la valeur ajoutée ? retraiter les temps partiels ?
• Par ailleurs : le taux de contribution d’oxalis est dans la norme du secteur > absence de surcoût lié à l’autonomie financière
• Le modèle économique d’oxalis permet d’indemniser les administrateurices + de financer la vie coopérative, les affaires sociales,…
Nos Faiblesses
• Manque de rentabilité au global : volatilité des résultats, préoccupation forte du suivi budgétaire > limite la capacité de prise de risque d’Oxalis
• Situation de surtravail dans l’équipe support (1 ETP structure gère 600 K€ de CA = 2 fois plus que dans une autre CAE). A relativiser selon le type et le nombre d’activités.
• La partie R&D de la coopérative est auto-financée et contribue aussi au surtravail
• Complexité administrative et comptable du modèle des CAE, surtout au regard des micro-entreprises
• Il existe encore des activités qui n’atteignent pas un chiffre suffisant pour en vivre décemment
Les Opportunités
• Le modèle coopératif a le vent en poupe
• Ubérisation du travail et essor de l’entrepreneuriat individuel > une partie pourra rejoindre les CAE (mais une autre partie renforce la concurrence vis-à-vis des entrepreneurs salariés)
• La CAE pourrait répondre au besoin de resécurisation de parcours d’entrepreneurs individuels
Les Menaces
• Diminution globale de l’enveloppe de subventions, notamment substitution des subventions locales par du Fonds social européen (beaucoup plus contraignant, long, exigeant)
• Inflation > dévaluation de la tréso
• Fongibilité de la CAE généraliste (entrepreneurs nomades allant de CAE à CAE)
• Manque de personnel formé aux spécificités de la CAE pour l’équipe structure (obligation de formation interne)
• Concurrence des plateformes qui enferment les personnes en micro-entreprise (Malt)
• Demandes administratives de plus en plus exigeantes sur la formation (qualiopi) et les marchés publics
• [ajout discussion] Le besoin de rompre l’isolement n’est pas qu’immatériel, il peut nécessiter aussi des lieux physiques communs
• [ajout discussion] Le risque de devoir pallier le détricotage du modèle social national par davantage de solidarité/ services en interne
Les leviers
• La trésorerie de la coopérative : à placer pour évaluer la dévaluation liée à l’inflation. Assez facile à mettre en œuvre
• Accueillir des activités davantage capitalistiques (ayant besoin de trésorerie et d’investissement) que des activités de prestations de services. Cela nécessite de réfléchir aux moyens de limiter le risque (défaillance, départ,…)
• Attention : les prestations réalisées par l’équipe structure peuvent équilibrer le budget de la coopérative, mais au risque que l’équipe n’ait plus assez de temps à consacrer aux services de la CAE (selon Finacoop, le risque est que les salariés deviennent entrepreneurs et fassent perdre de la stabilité à l’équipe).
• Les financements publics doivent non pas servir à faire baisser la contrib mais à expérimenter / développer de nouvelles choses
L'intégrale en vidéo
Si vous savez déjà tout du fonctionnement des matrices SWOT (Forces Faiblesses Opportunités Menaces), rendez-vous directement à 8'52.
Si vous êtes avide de ses conclusions, rendez-vous à 1:11:26.
Pour une lecture davantage socio-économique de notre modèle, retrouvez le lundi 12 septembre Justine Ballon, qui a fait sa thèse sur les modèles socio-productifs des CAE et qui nous parlera de celui d'Oxalis.


