Le texte, que vous trouverez ci-dessous, ne renvoie ni à un parti politique, ni à un syndicat, et n’engage pas la coopérative. Il se veut plutôt une première réponse à une question très concrète :
 « Et dans nos CAE, on fait quoi ? »Il

Il a été écrit lors d’un atelier  pendant la Bigre rencontre qui avait pour fil rouge « La Radicalité Joyeuse », par un groupe de coopérateurices de nos CAE. Il interpelle directement les coopérateur·ices, en lien avec les valeurs portées collectivement.

Après avoir lu le texte à l’ensemble des participant .es de la B ! Rencontre, les auteur.ices ont demandé à leurs coopératives respectives de le diffuser en interne, comme un appel de coopérateurices à coopérateurices. C’est pourquoi nous faisons le choix de le publier tel que dans la rubrique « vie de coopérateurice »

En complément de ce texte, le groupe en question propose deux ressources concrètes pour se relier et agir :

Si ce texte vous donne envie de réagir ou si vous avez simplement le besoin discuter des évènements politiques à venir : un espace d’échange Oxalien et de discussion est aussi ouvert à toutes et tous sur le chat coopératif :  https://chat.oxalis.coop/#/room/#debats-oxalis:oxalis.coop 

CAE, C’est à Nous

Le 28 Août 2025,

Collègues, camarades, coopérateurs et coopératrices,

Depuis la Bigre, notre rencontre annuelle, nous vous lançons un appel : joignons nos forces et apportons notre soutien au mouvement du 10 septembre.

Non, celles et ceux qui s’y engagent ne tombent pas dans le piège d’une « rumeur numérique ». Ils et elles répondent à un souffle qui circule de bouche à oreille, de proche en proche, de pair·e à pair·e, mais aussi et peut-être davantage encore de semblables à semblables.
Car au-delà de nos statuts, nous partageons le même sort que tant d’autres qui rejoignent la mobilisation : nous sommes précarisé·es, mis·es en concurrence, humilié·es alors même que nous aspirons à plus de soins, de solidarités, d’écologie, d’égalité, de coopération.

Oui, l’appel du 10 septembre résonne avec ce que nous vivons chaque jour. Il résonne avec le thème de la radicalité joyeuse proposée cette année à la Bigre.

Les blessures que nous subissons nous les partageons avec les taxis, les infirmièr·es, les pharmacien·nes, les sans-papiers, les précaires, les intermittent·es, et avec l’ensemble des salarié·e·s et des travailleur·euses de notre pays — mais également du monde entier. Le capitalisme est mondial, le désordre partout.

Les services publics et le tissu associatif sont attaqués, les réformes du chômage nous obligent à accepter des emplois précaires, les solidarités et les communs sont livrés au marché, la dévastation écologique est niée, notre temps devient totalement colonisé par le capitalisme, qu’il s’agisse de travail ou de consommation.

Le 10 septembre, nous irons retrouver celles et ceux qui n’ont pas attendu les coopératives pour inventer des formes de coopérations : les grévistes, les soignant·es épuisé·es, les prof·es surmené·es, les sans-papiers invisibilisé·es, les collectifs alternatifs installés partout sur les territoires, les livreur·euses surexploité·es, les parents isolés qu’on culpabilise, les retraité·es qu’on appauvrit et tant d’autres.

Sortons de la sidération !

Tant de discussions politiques dans le programme de la Bigre cette année confirment et réaffirment que nous n’avons pas choisi la coopérative pour nous mettre à l’écart du monde, mais pour y prendre part autrement : avec entraide, avec égalité, avec dignité. Or, dans ce monde, tel que les gouvernements le façonnent, on piétine ces valeurs. Chaque jour, la machine capitaliste fabrique de la solitude, de la peur et de la compétition là où nous travaillons à tisser du commun.

Et si nous nous prenions au mot : radicalité joyeuse ? Chiche ! Il nous semble inconcevable d’aborder tant de problématiques ensemble et de mettre de côté le moment historique que nous vivons. Une brèche s’ouvre, élargissons-là !

Mobilisons-nous !

Rejoignons les collectifs locaux, nos voisin·es, les luttes de notre quartier, celles et ceux qui vivent proche de chez nous et avec qui de nouvelles formes de solidarités locales sont à construire.

Le 10 septembre, crions ensemble que nous sommes tous et toutes de la même famille, n’y allons pas pour défendre nos privilèges mais pour affirmer que nous souhaitons faire coopérative. Avec tout le monde, pas qu’entre nous.

Que faire ? Comment faire ?

Les formes d’engagement sont multiples : on peut aller dans la rue, on peut aussi agir dans nos organisations, par des caisses de solidarité alimentées par les jours de grèves par exemple ou individuellement en organisant du covoiturage, en donnant un coup de main à une cantine, en gardant les enfants, …

Nous tiendrons une réunion en visio hebdomadaire, chaque lundi à 19h00. Nous pourrons y partager nos questionnements, nos besoins, l’actualité de nos engagements locaux, mais aussi nos doutes, nos peurs et surtout nos victoires !

 
Pour rappel, si Oxalis est apartisane, elle porte un projet politique fort, tel qu’exprimé notamment lors des dernières élections législatives.